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Pourquoi nous ne faisons pas de shampoing solide

No Bullshit

Nous recevons beaucoup de demandes pour fabriquer un shampoing solide.

Seulement voilà, nous avons décidé de ne pas en fabriquer.

Ce ne serait pas honnête si l’on se réfère à notre politique R&D, qui consiste à fabriquer des produits qui respectent nos quatre piliers :

1 • LA SANTÉ
2 • L’ENVIRONNEMENT
3 • L’ÉTHIQUE
4 • L’EFFICACITÉ

C’est sur cette base que nous prenons nos décisions : les faits.

 

EXPLICATIONS :

Ce qu’on trouve dans le commerce, ce sont deux types de « shampoings » solides :

  • 1) des savons (saponifiés à froid en général, mais pas uniquement) et abusivement appelés shampoings ;
  • 2) des « shampoings solides » de synthèse.

1) SUR LES SAVONS SOLIDES APPELÉS À TORT SHAMPOINGS

Le savon a un pH basique (en savoir plusparagraphe du bas). Sur la peau, aucun problème ; mais pas sur les cheveux !

Il faut savoir que le pH basique des savons va avoir pour mécanisme d’ouvrir les écailles du cheveu et laisser la kératine à « nu », ce qui à long terme et surtout sur les cheveux longs (puisque les cheveux courts sont coupés régulièrement), va abîmer les cheveux (adios la chevelure de sirène) !

Petit bémol : le savon peut être utilisé sur les cheveux (notamment pour les personnes souffrant de problèmes de peau du type eczéma, psoriasis, dermatites, etc…), comme notre Alep 30%, mais ce n’est pas un shampoing stricto sensu (servant « à laver ET à traiter le cheveu » comme dit le Larousse).

Pour aller plus loin : les savons au cidre (!)

Nous avons même vu des savons appelés « Shampoing » et dont l’eau a été remplacé par du cidre (!), avec la justification que cela ferait des savons au pH acide et donc plus de problème de pH pour les cheveux.

Alors là, nous posons une réflexion logique, n’ayant pas la solution qui mériterait d’être testée, mais quand-même :

  1. dans l’hypothèse où il y aurait une diminution du pH, elle serait très faible compte-tenu des proportions évoquées dans la formule en vinaigre de cidre (et en Lactate de sodium que l’on retrouve dans ces formules-là).
    On arriverait peut-être vers un pH de 8 (et encore, c’est large) au lieu de 10-10,5 et du coup le pH serait quand-même trop élevé pour les cheveux (il faudrait qu’on ait un pH réellement acide, soit entre 4,5 et 7 idéalement pour un shampoing – ça va dépendre ensuite du type de cheveux, gras, etc… pour l’ajuster plus finement).
  1. Or, ce que l’on sait c’est que lorsque le milieu devient acide, l’ion carboxylate se transforme en acide carboxylique (au contact des ions hydroxydes H3O+) et donc il ne lave plus ! Il y a une perte de la fonction de détergence puisque sa forme chimique change : ce n’est plus un tensioactif.
    Le savon dénommé « shampoing » ne remplirait donc plus son rôle de… laver ; ce ne serait donc plus un shampoing, ni même un savon !
  1. Pour valider mon raisonnement, il faudrait acheter ce produit et tester son pH (this is science guys!)

2) SUR LES SHAMPOINGS SOLIDES DE SYNTHÈSE

Ces produits cosmétiques sont réalisés en grande majorité avec des tensioactifs de synthèse (pour faire une grosse mousse). On lit souvent Sodium Cocoyl Isethionate ou SCI ou de la même famille (Sodium Lauroyl Methyl Isethionate, etc…) qui sont d’origine végétale + synthétique.

Voilà pourquoi ces produits ne collent pas avec notre charte de valeurs et donc notre politique R&D :

A/ PROBLÈME ENVIRONNEMENTAL

De l’amont à l’aval de la fabrication de ce produit :

  • 1- Fabrication des tensioactifs par le fournisseur :

Pour fabriquer du SCI (et autres tensioactifs de la même famille), il faut utiliser des produits toxiques pour l’environnement afin de procéder à la synthèse du sodium isethionate et puis procéder à l’estérification des acides gras. On retrouve là-dedans de l’oxyde d’éthylène, de l’ammoniac, du dioxyde de soufre, du bisulfate d’ammonium, de l’acide chlorydrique, etc… (il n’y a pas un mais plusieurs procédés) qui ne sont pas biodégradables !

Le plus commun des procédés pour faire du sodium isethionate :

Hydroxyde de sodium + Dioxyde de souffre => Bisulfite de sodium + Oxyde d’éthylène => Sodium isethionate

  • 2- Assemblage de la formule par le fabricant du shampoing :

Le fabricant (qui n’est en général pas celui qui porte la marque que l’on achète…) va utiliser une concentration de SCI de l’ordre de 30 à 60% en moyenne dans sa formule (cela dépend de la formulation), soit 2 à 3 fois plus concentré en tensioactifs qu’un shampoing liquide !

 

3- Utilisation par le consommateur final :

Le produit fini n’est pas biodégradable car le SCI ne l’est pas. On le retrouve donc avec l’ensemble des autres tensioactifs dans l’environnement (plus d’infos sur la biodégradabilité).

 De plus, le SCI est toxique pour les organismes aquatiques (l’information se trouve sur les Fiches de Données de Sécurité des fournisseurs).

En synthèse :

Nous pensons faire du zéro-déchet et limiter notre impact environnemental en achetant ces shampoings solides.

C’est vrai pour le zéro-déchet. Cependant, l’impact écologique est négatif (non biodégrabilité et nocivité).

B/ PROBLÈME CUTANÉ

Le shampoing solide est 2 à 3 fois plus concentré qu’un shampoing liquide (30 à 60% de tensioactifs pour un solide versus 15 à 25% pour un liquide) !

A l’utilisation, il n’est pas en revanche possible de le diluer 2 à 3 fois (on frotte le shampoings sur des cheveux mouillés) : on en met donc beaucoup ! Or, un shampoing est un détergent : l’agressivité des tensioactifs est un phénomène dose-dépendant (temps d’exposition et quantité des « stresseurs » = impact sur la peau). Au fil des utilisations, il va devenir irritant pour le cuir chevelu (gratte, pèle…) et va dessécher les cheveux (le tensioactif, même plus doux que votre liquide vaisselle, va devenir irritant au-delà de 40%). On va avoir des cheveux avec des fourches, secs, cassants (sécheresse de la fibre capillaire)…

Sans compter sur le fait qu’une concentration élevée de tensioactifs va faciliter le passage (transcutané) d’autres produits et substances qui peuvent être problématiques.

C/ PROBLÈME D’EFFICACITÉ

Un shampoing est un produit dont le but est de laver et de traiter le cheveu. Or, si finalement il l’abîme, alors il ne remplit pas son cahier des charges. C’est notre avis.

 

D/ PROBLÈME D’ÉTHIQUE

Il nous semble paradoxal de vendre un produit comme une solution écologique sachant qu’il participe au problème qu’il prétend résoudre.

L’avantage d’un shampoing solide est surtout son absence d’emballage (optique zéro-déchet) mais, quid de la fabrication de ses ingrédients et de la biodégradabilité (et nocivité) du produit fini pour l’environnement et quid également de son efficacité, l’essence même du produit (où à la différence de l’Homme, pour Sartre, l’essence précède l’existence) ?

C’est face à ce constat que nous avons décidé de ne pas proposer de shampoing solide. 

Nous travaillons aujourd’hui sur des solutions de shampoing, mais avec notre cahier des charges très exigent, cela prend du temps.

Nous privilégierons toujours les petits actes du quotidien plutôt que les grands discours.

Nous voulons être jugés sur nos actes.

Des faits et rien d’autre.

 

Nous sommes pragmatiques.

Nous voulons parler d’impact.

 

Les Affranchis c’est ça : une autre cosmétique. 

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