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« Le » bio ou « la » bio ?

Et surtout : pourquoi acheter Bio coûte en fait moins cher (!)

Pourquoi nous parlons de “la” Bio

L’Agriculture Biologique prend de l’ampleur. Mais ce qu’on entend par le Bio aujourd’hui ne correspond qu’à une partie de ce qu’est « la » Bio. Il faut creuser un peu le sujet et comprendre de quoi l’on parle.

Voici une synthĂšse du contexte gĂ©nĂ©ral par Claude Gruffat (tirĂ©e de Les dessous de l’alimentation Bio, Ed. La mer salĂ©e, juin 2017) :

« La bio est d’abord une forme d’agriculture, un modĂšle de production qui respecte les rythmes de vie des animaux et des plantes. La Bio porte une cohĂ©rence globale sur toute la chaĂźne de valeurs. C’est une vision de la place de l’humain et de son empreinte sur la planĂšte, une vision du lien entre les acteurs d’une filiĂšre de la fourche Ă  la fourchette, une vision de la consommation responsable [
]

Le bio, lui, est portĂ© par un rĂšglement, un label, des obligations de moyens. Il respecte un cahier des charges, mais ne se prĂ©occupe pas de la relation homme/animal, ni des conditions de travail du paysan, ni de la pĂ©rennité  c’est une approche rĂšglementaire et non systĂ©mique [
]

Prenons l’exemple de la production de tomates. Elles peuvent pousser sous serres chauffĂ©es sur de trĂšs grande surfaces et ĂȘtre ramassĂ©es par un travailleur immigrĂ© payĂ© une misĂšre, ou par un travailleur dit dĂ©tachĂ© (payĂ© selon les conditions sociales de son pays d’origine). Cette production de tomates pourra nĂ©anmoins bĂ©nĂ©ficier du label bio. Pourquoi ? Parce que le cahier des charges aura Ă©tĂ© respectĂ©. Il s’agit d’un cahier des charges de techniques de production et pas d’un modĂšle d’agriculture respectueux des hommes et de la nature. C’est la limite du bio. »

Le bio du label europĂ©en est une avancĂ©e, mais il ne prend pas en compte tous les aspects de la bio qui font sa cohĂ©rence globale : les impacts au niveau social, environnemental, animal, la santĂ© publique, etc… De plus, son Ă©volution rĂ©cente laisse se poser des questions quant Ă  l’avenir de ce label (culture hors sol, mixitĂ© bio et non-bio dans la mĂȘme exploitation, etc…)

Bref, il y a une scission qui se dessine sur un terme identique – Bio – mais avec deux modus operandi diffĂ©rents : une vision linĂ©aire et rĂšglementaire d’un cĂŽtĂ© et une vision globale et sociĂ©tale de l’autre.

La bio est une forme d’agriculture, un modĂšle de production. Le bio est une approche rĂšglementaire et non systĂ©mique.

Acheter Bio est moins cher que le conventionnel !

Ça y est, Les Affranchis ont saponifiĂ© leurs neurones (non, on vous rassure nous ne saponifions que le gras d’origine vĂ©gĂ©tale).

Pour poursuivre la dĂ©monstration de Gruffat et en la complĂ©tant avec une idĂ©e de FrĂ©dĂ©ric Bastiat (Ă©conomiste français du 19Ăšme siĂšcle) : il est primordial de distinguer ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas.

Approfondissons donc le raisonnement :

a- Horizon temporel des prix
Notre lemme de dĂ©part, « le juste prix pour le consommateur n’est pas le prix le plus bas (qui est nĂ©cessairement un prix de court-terme), mais le prix qui lui permet d’avoir un produit de qualitĂ© longtemps » (ibid). Sans compter ici l’impact sur la santĂ© et sur l’environnement de l’usage des pesticides et de l’appauvrissement des sols liĂ©s Ă  l’agriculture intensive qui se retrouvent
 sur une baisse de valeur nutritive des aliments. Bref, sortons du paradigme du low-cost Ă  tout prix, cela n’a pas de sens ici ;

b- Subventions
La Bio n’est pas subventionnĂ©e (hormis la phase de conversion), a contrario de l’agriculture conventionnelle. Le prix en rayon du conventionnel n’est donc pas Ă  son vrai prix puisqu’il y inclut les aides financiĂšres Ă©tatiques et europĂ©ennes. Par consĂ©quent, son prix de vente est diminuĂ© mĂ©caniquement du fait du « dĂ©sĂ©quilibre » crĂ©Ă© par l’aide reçue ;

c- Certification
Les entreprises Bio doivent payer pour se faire certifier. A ce coĂ»t s’ajoute le coĂ»t liĂ© au temps passĂ© Ă  produire tous les justificatifs. C’est le principe du non-pollueur payeur. Le conventionnel n’a rien Ă  prouver, rien Ă  payer. Autrement dit, c’est une nouvelle fois une distorsion des prix que subit la bio par rapport au conventionnel ;

d- Protection
Les entreprises bio doivent payer pour la protection de leurs cultures. Celui qui ne pollue pas doit supporter les coĂ»ts de protection face Ă  celui qui pollue. « Non-pollueur payeur » encore une fois, le coĂ»t s’alourdit ;

e- Coût social et environnemental
Le coĂ»t social et environnemental est absent du conventionnel. C’est « la SociĂ©té » dans son ensemble qui paie
 autrement dit chacun de nous indirectement. Qu’en dĂ©duire ? Outre les impacts avĂ©rĂ©s des pesticides sur la santĂ© (et aussi sur l’environnement, les sols, etc
), il faut se rappeler que le meilleur dĂ©chet n’est pas celui que l’on recycle mais bel et bien celui que l’on ne produit pas.

La Bio va en gĂ©nĂ©ral privilĂ©gier les circuits court (rĂ©duction du bilan carbone, de la pollution, crĂ©ation de valeur Ă©conomique localement
), ne pas utiliser d’emballages superflus (tendre vers le zĂ©ro-dĂ©chet ou au moins Ă©viter les emballages individuels emballĂ©s ensembles puis suremballĂ©s une nouvelle fois avec le packaging qui lui-mĂȘme va ĂȘtre dans un lot de plusieurs paquets emballĂ©s, puis
), respecter les conditions de travail des Hommes, etc


Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas

Si l’on revient au coĂ»t global, voilĂ  ce Ă  quoi ressemblerait trĂšs schĂ©matiquement la comparaison entre le prix payĂ© par le consommateur et le vrai prix comprenant le coĂ»t global :

Finalement, le prix corrigĂ© du coĂ»t global fait apparaĂźtre l’inverse :
lĂ  oĂč la bio Ă©tait dĂ©jĂ  Ă  son prix juste, le conventionnel quant Ă  lui voit son prix augmenter pour devenir supĂ©rieur Ă  celui de la bio.

Plus la bio se dĂ©veloppera et plus les prix baisseront grĂące aux rendements d’échelle croissants sur les coĂ»ts intermĂ©diaires : structuration de filiĂšres, transports, proximitĂ©, etc
 Il faut ajouter Ă  cela le dĂ©veloppement de la recherche et des techniques agro-Ă©cologiques rĂ©centes qui nous permettra d’abandonner les pesticides et engrais chimiques et de gagner en… productivitĂ© ! Associer deux voire trois cultures permet en effet de produire de 20% Ă  50% de plus sur la mĂȘme surface tout en la prĂ©servant (voir les nombreuses Ă©tudes Ă  ce sujet).
Enfin, il y a une nouvelle mouvance “ZĂ©ro-dĂ©chet”, matĂ©rialisĂ©e par le dĂ©veloppement de plus en plus de magasins qui permettent l’achat en vrac et privilĂ©gient les produits frais (fruits et lĂ©gumes de saison), en circuits courts et en petites quantitĂ©s. Les petites quantitĂ©s sont importantes : le gaspillage lui-aussi a un coĂ»t et reprĂ©sente « en moyenne 20 Ă  35 kg d’aliments par personne et par an [qui] partent Ă  la poubelle » d’aprĂšs l’Ademe (ibid).

Cette démarche de mettre en avant « la » Bio reflÚte notre choix de travailler avec Nature & ProgrÚs

Pour aller plus loin : un focus sur les labels Bio cosmétiques

Le label ne suffit plus.

Pour l’agriculture, il existe un cadre rĂšglementaire europĂ©en (rĂšglement (CE) n°834/2007 complĂ©tĂ© par des rĂšglements d’application, notamment le rĂšglement (CE) n°889/2008). Pas pour les cosmĂ©tiques.

Tout le monde peut crĂ©er son label Bio (avec son propre cahier des charges) et se dire Bio
 et c’est ce que font d’ailleurs certaines grandes marques. C’est aussi la raison pour laquelle il existe moult labels Bio pour les cosmĂ©tiques (une trentaine environ). La logique passe vers une mise en oeuvre de moyen pour rĂ©pondre Ă  un cahier des charges (le bio) et non plus une logique de cohĂ©rence globale (la bio).

A titre d’exemple, le label Natrue, a Ă©tĂ© crĂ©Ă© par plusieurs marques trĂšs connues
 et possĂšde donc son propre cahier des charges avec trois niveaux de certification : CosmĂ©tiques naturelles, CosmĂ©tiques naturelles en partie Bio et les BiocosmĂ©tiques (que vous pouvez trouver ici pour vous faire votre propre opinion).

Cela peut prĂȘter Ă  confusion pour le consommateur qui peut croire que c’est nĂ©cessairement un produit bio quand il est labellisĂ© Natrue alors que ce n’est pas toujours le cas. De surcroĂźt, il s’agit d’un cahier des charge dont on pourrait Ă©galement questionner la dĂ©finition retenue par le label pour « ingrĂ©dient naturel », comme pour la dĂ©finition retenue de “Bio”. Notre intention n’est pas d’ĂȘtre dĂ©nigrant, bien au contraire : nous voulons Ă©clairer certains points pour aider le consommateur Ă  ĂȘtre le seul juge. Pas d’intention de moralitĂ©. Juste le souhait d’exposer clairement le paradigme dans lequel nous nous trouvons pour les cosmĂ©tiques Bio et avec la multitudes de labels existants.

Notre seul conseil : lisez les cahiers des charges, dĂ©crypter les dĂ©finitions retenues, lisez les Ă©tiquettes et… forgez-vous votre propre opinion !

Nous vous invitons Ă  le faire avec notre cahier des charges, celui de Nature & ProgrĂšs, ainsi qu’avec la charte.

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