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Discours de rentrée de GEM 2020 sur le greenwashing 

Nous sommes tous frères, écologistes, éthiques et responsables

Il n’y a plus aucune communication de marque ou d’entreprise aujourd’hui qui ne se fasse sur autre chose que sur des valeurs écologiques, responsables, éthiques…

En 2020, toutes les entreprises affichent des valeurs écologiques, une volonté de s’inscrire dans un développement durable. Elles se disent « éco-responsables », « éthiques », « green » ou encore « engagées ».
Parmi ces mêmes entreprises combien communiquaient sur ces thèmes seulement 4 ans en arrière ? Qu’ont-elles réellement changé aujourd’hui dans leur produits ou services, dans leur manière de travailler, dans leur supply chain maintenant qu’elles arborent ces valeurs…?
Malheureusement pour la très grande majorité d’entre elles, ce ne sera qu’une nouvelle stratégie de communication. Des mots et des images et non des actes et des impacts.

Les entreprises qui forent du pétrole, raffinent, transportent et ensuite le distribuent affichent un excellent bilan RSE dans un rapport exemplaire et préparé par une équipe d’une dizaine de personnes. Quel impact réel sur les émissions de gaz à effet de serre ?
Les sociétés se font labellisées « éthiques », « Bio », « équitables », « filière durable », etc. Mais que signifient vraiment ces labels ? Quel est le cahier des charges ? Qui contrôle ?
Des start-ups se mettent à reverser un pourcentage de leurs revenus à des ONG alors même que leurs produits contribuent à détruire ce que ces mêmes ONG tentent de récupérer derrière. Quel est le sens dans tout ça ?
La voiture devient « écologique » et surtout « zéro-émission », l’énergie devient « propre », le papier « durable », les labels « responsable » ou « équitables », les cosmétiques « naturels », l’informatique « verte », etc.

Je vous invite, en tant que futurs experts, managers, entrepreneurs, cadres (ou ce que vous voulez finalement), à continuer à rester en éveil sur des pratiques qui desservent la cause que certains, dont je fais partie, essayent de défendre.
Une entreprise a une mission : celle de s’inscrire sur un territoire en y renforçant le tissu social et en contribuant au bien commun par ses biens, ses services et sa création de richesse.
En tant qu’entrepreneurs, en tant que dirigeants, managers, décideurs, nous avons un rôle dans la société. Celle de diriger les hommes et de gérer les ressources afin de créer une valeur qu’aucun individu ne peut créer seul. Celle de faire en sorte que nos décisions affectent le bien-être présent et à venir des individus à l’intérieur et à l’extérieur de nos organisations de manière positive.
C’est difficile. C’est compliqué. Mais un philosophe danois, Soren Kierkegaard nous proposait déjà un renversement : « ce n’est pas le chemin qui est difficile, mais le difficile qui est le chemin. »

Alors vous me direz, ce n’est pas moi qui vais changer quelque chose, je ne suis encore qu’étudiant et quand je devrai aller chercher un emploi je ne pourrai rien faire, et puis et puis et puis…
Tout le monde peut agir et surtout remettre du sens dans ses actes. Le sens est la clé pour ne pas perdre de vue notre horizon, nos valeurs. Notre siècle sera décisif quant à nos choix pour lutter contre le réchauffement climatique, un fait scientifique et non politique, et surtout pour gérer les conséquences sociales et économiques qui vont en découler. Einstein, déjà en son temps, disait : « notre époque se caractérise par la profusion des moyens et la confusion des intentions ».
Le choix de l’entreprise, de l’association, de l’ONG, de l’organisation pour laquelle vous allez travailler et surtout la manière dont vous allez y travailler peut tout changer. Cela va tout changer.

Pour terminer, je dirais que remettre du sens c’est aussi ne pas se conformer au moule, à la norme, à la moyenne. Remettre du sens c’est savoir se poser des questions et puis tenter d’y répondre : « Deviens ce que tu es » disait Nietzche.
Le greenwashing de grande ampleur ne fait que commencer, le marketing ayant été dévoyé, n’oubliez pas de vous poser les bonnes questions et cela commence par : qui suis-je, où vais-je (et surtout où est-ce que j’ai envie d’aller), pourquoi y vais-je et surtout, à la fin : comment y vais-je ? Sans ce travail sur soi-même, la vie ne vaut rien selon Socrate : « une vie sans examen ne vaut d’être vécue ».
Je n’ai pas les réponses. Chacun a une réponse qui lui est propre. Le plus important c’est ce cheminement, ce questionnement, cette réflexion. Il s’agit ici de s’interroger, de se mettre en question.
Je ne peux que vous encourager à devenir des samouraïs du questionnement – philosophique – pour tenter d’aligner vos décisions sur vos valeurs.
Chaque petit geste compte, l’important c’est d’en faire un.

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