Comment lire une étiquette 2/2

You take the red pill, you stay in Wonderland and I'll show you how deep the rabbit hole goes

La seule règle : prendre le temps de lire et déchiffrer le contenu des étiquettes

Maintenant, à vous de jouer :

Démarrons avec, par exemple, ce lait hydratant pour le corps (à gauche) contenant des dérivés pétrochimiques, des silicones, des huiles minérales, des parabènes, etc…

 

 

Ou bien cette huile micellaire (un démaquillant) à droite contenant aussi des silicones, des colorants chimiques, des filtres UV de synthèse (ethylhexyl methoxycinnamate, butyl methoxydibenzoylmethane)…

Mais aussi ce gel douche 0% (à gauche), contenant du sodium laureth sulfate.

 

 

Et enfin, ce gel douche surgras (à droite) contenant du phénoxyéthanol, du BHT, de l’EDTA, de l’oxyde de zinc, de l’huile hydrogénée, du sodium lauroyl Isethionate…:

Pour vous aidez, voici une liste d’ingrédients sélectionnés
pour leur nocivité supposée ou avérée :

(Cliquez sur chacun pour les ouvrir)

Le sodium laureth sulfate ou sodium lauryl sulfate ou lauryl sulfate de sodium

Le sodium laureth sulfate (ou Sodium Lauryl Sulfate, Laurylsulfate de Sodium, SLS, Empicol ESB 70, Ifrapon LOS, Steol-130, 230, 270, 330, 370 ou 460, Stepanol, Ammonium lauryl sulfate) est un tensioactif utilisé dans nos produits cosmétiques comme agent moussant. Pour rappel, ce composé est utilisé dans le nettoyage industriel mais aussi… pour nettoyer les moteurs. Lorsqu’il est utilisé dans des produits cosmétiques pour la peau, il fragilise cette dernière en éliminant sa protection naturelle. Dans les shampoings, il sensibilise le cuir chevelu, provoque des irritations, emmêle les cheveux, pouvant même aller jusqu’à entraîner une perte de cheveux. Il agit aussi comme perturbateur endocrinien. Enfin, il est extrêmement irritant pour les yeux.

Les phénols (nonoxynol, octylphénol, etc...)

Les phénols (nonylphénol ; nonoxynol ; octylphénol ; O-phénylphénol ; propylphénol ; amylphénol ; heptylphénol, dodécylphénol ; méthylphénol (ou crésol) ; éthylpénol (ou xylénol) ; 4-tert-octylphenol, etc…) sont reconnus pour être dangereux pour le développement des fœtus et pour la fertilité. Le nonylphénol est un ingrédient actif de certains spermicides. Ils sont aussi des perturbateurs endocriniens. Effets très graves sur les milieux aquatiques

Le dioxyde de titane

Le dioxyde de titane (Titanium dioxide (nano), Oxyde de titane, bioxyde de titane, E171, TiO2, CI77891) présent dans les dentifrices, crèmes solaires ainsi que dans l’alimentaire (bonbons) permet de blanchir et de pygmenter (crème solaires, dentifrices, bonbons…) Il est possiblement cancérigène, provoque des inflammations pulmonaires, peut porter atteinte au cerveau…. Il a déjà été montré qu’à l’échelle nanoscopique le TiO2 a des impacts sur la santé qui ne sont pas encore complètement évalués.

Les éthers de glycol (2-phénoxyéthanol, phénoxytol, etc...)

Les éthers de glycol (2-phénoxyéthanol, phénoxytol, etc…) sont utilisés comme solvants pour d’autres conservateurs (comme les parabènes) et sont connus pour avoir des effets allergisants et provoquant de l’eczéma et de l’urticaire. Mais le plus grave, c’est qu’ils peuvent passer dans le derme (couche de la peau située sous l’épiderme) et même le placenta (comme pour le phénoxyéthanol) et engendrer des problèmes neurologiques. Le phénoxyéthanol est suspecté d’être à l’origine de risques cancérogènes et de troubles de la reproduction chez l’homme. Il a été jugé hématotoxique et hépatotoxique (toxique pour le sang et le foie) en 2012 par Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (l’ANSM, notre organisme de tutelle).

Les filtres solaires / filtres UV (benzophénone, 2-benzoyl-5-methoxyphénol, etc...)

Les filtres solaires / filtres UV (benzophenone, 2-benzoyl-5-methoxyphenol ; 2-hydroxy-4-methoxybenzophenone ; (2-hydroxy-4-methoxyphenyl) phenylmethanone ; methanone, (2-hydroxy-4-methoxyphenyl) phenyl- ; (2-hydroxy-4-methoxyphenyl) phenyl-methanone ; oxybenzone ; oxybenzone 6; methanone, (2hydroxy4methoxyphenyl) phenyl ; b3 ; durascreen ; solaquin ; benzotriazolyl ; ethylhexyl methoxycinnamate, etc…) sont des perturbateurs endocriniens, allergisants et dangereux pour l’environnement.

Les phtalates

Les phtalates (Parfum ; fragrance ; Diisodecylphtalate (DIDP)) sont connus pour engendrer la stérilité masculine et pour perturber le développement hormonal chez les femmes. Il s’agit d’un dérivé du naphtalène, hydrocarbure aromatique utilisé dans les matières plastiques et produit à partir du goudron de houille ou du pétrole. Ils se retrouvent dans les vernis à ongle, les parfums et dans certains produits coiffants.

Les agents occlusifs (silicones, siloxanes, Ammoniums quaternaires...)

Il y a trois types d’agents occlusifs :
– les huiles et cires de Silicones, Siloxanes (dimethicone, phényldiméthylpolysioxane, cyclohexasiloxane, Cetyl dimethicone copolyol, Phenyl trimethicone, Stearyl dimethicone, Cyclopentasiloxane, cyclotetrasiloxane, cyclomethicone, décaméthylcyclopentasiloxane…), qui se fixent sur les cheveux ou la peau et forment un film autour de ceux-ci. A long terme, ils les étouffent. Ce sont des substances entièrement synthétiques, dérivées du silicium et contenant des atomes d’oxygène que l’on va retrouver dans des formules de protection de la peau, de soins capillaires et de rouges à lèvres. Elles sont nocives à l’environnement : ils mettent 400 à 500 ans pour se dégrader. Le cyclotetrasiloxane est considéré comme perturbateur endocrinien et substance potentiellement toxique pour la reproduction.
– les Ammoniums quaternaires (cetrimonium, stearalkonium chloride, behentrimonium methosulfate), présents dans les shampoings en remplacement des silicones. Le Cetrimonium bromide est un allergène reconnu, mais aussi très irritant pour le corps humain. C’est un conservateur très couramment utilisé pour conserver des produits nettoyants (notamment les eaux micellaires). Malgré ses effets allergènes et irritants, la législation en vigueur autorise son utilisation en cosmétique jusqu’à une concentration maximale de 0,1 %.
– les Huiles minérales (paraffinum liquidum, petrolatum, ceresin, mineral oil, cera microcristallina…) qui sont des dérivés de pétrole et ne sont pas biocompatibles (ne sont pas reconnues par la peau, provoquant alors des réactions cutanées : irritations voire de l’eczéma). On les retrouve souvent dans le maquillage.

Lyral et Lilial

Le Lyral dont la susbtance est le HICC (Hydroxyisohexyl 3-cyclohexene carboxaldehyde) provoque des réactions allergiques et peut engendrer des eczémas de contact. C’est une substance parfumante. Il est réglementé comme allergène depuis 2003 et va être interdit en Europe à partir de 2019.

Le Lilial dont la substance est le BMHCA (butylphenyl methylpropional) est lui aussi une substance parfumante. Il est considéré considéré comme un sensibilisant moyen.

 

L'EDTA

L’EDTA est un conservateur qui contribue à la stabilité de certains cosmétiques. Lui-même traverse difficilement la barrière cutanée, mais il peut favoriser la pénétration d’autres substances. Il irrite fortement les yeux et s’avère très persistant, et donc polluant. On le retrouve en fin de chaîne non détérioré dans les stations d’épuration.

Les sels d’aluminium

Les sels d’aluminium (aluminium chlorohydrate, aluminium stearate, aluminum sulfate… tous les termes avec aluminium) se trouvent surtout dans les anti-transpirants (déodorants). Ils resserrent les pores pour limiter l’évacuation de sueur et de sébum. Seulement ils bouchent les pores et perturbent le fonctionnement normal de l’organisme. Ils pénètrent dans les différentes couches de la peau et se fixent sur nos organes. Ils peuvent provoquer des irritations et des réactions inflammatoires. Ils sont suspectés de provoquer le cancer du sein et d’avoir également un impact sur le système nerveux.

Le triclosan

Le triclosan (Cloxifenolum, Irgasan, Lexol 300, Aquasept, Gamophen, TCL, DP300, éther de diphényle d’hydroxyle 2.4.4, Trichlorine-2) utilisé comme antifongique, antibactérien, antimicrobien et anti-tartre est connu pour être cancérigène et altérerait les fonctions musculaires. Il contamine l’environnement et il contribue à l’augmentation de la résistance des bactéries aux antibiotiques. Il peut perturber le fonctionnement de la thyroïde chez l’humain. De plus, il se dégrade en composés toxiques. De grandes marques ont petit à petit commencé à le supprimer de leurs formules.

Les parabènes

Les parabènes (E214 à E219 ; butylparaben ; methylparaben ; ethylparaben ; propylparaben ; pentylparaben ; isopropylparaben ; isobutylparaben ; benzylparaben ; phénylparaben ; N-propyl p-hydroxybenzoate (E216) ; P-hydroxybenzoate ; N-butyl p-hydroxybenzoate ; Ethyl p-hydroxybenzoate ; Méthyl p-hydroxybenzoate (E218) ; parahydroxybenzoate (ou p-hydroxybenzoate) de propyle ; parahydroxybenzoate de méthyle ; sodium butylparaben ; potassium butylparaben ; potassium propylparaben) utilisés comme antibactériens qui peuvent causer un vieillissement prématuré de la peau au contact du soleil. Ce sont aussi des antifongiques. Il s’agit d’un conservateur à large spectre chargés de détruire de nombreux germes (champignons, moisissures) qui peuvent se développer lors de l’association eau-huile. Ils sont allergisants et reconnus comme perturbateurs endocrinien. A l’origine, les parabènes sont apparus pour remplacer d’autres conservateurs comme les formaldéhydes, jugés dangereux.

 

 

Les formaldéhydes

Les formaldéhydes (Formol ; Formalin ; Formic aldehyde ; Paraform ; Methanal ; Methyl aldehyde ; Methylene oxide ; Oxymethylene ; Oxomethane ; DMDM hydantoin ; Diazolidinyl urea ; Imidazolidinyl urea, Methenamine ; quarternium-15) que l’on retrouve principalement dans les vernis à ongle et utilisés comme conservateurs antimicrobiens sont cancérigènes par inhalation, allergisants et irritants pour les yeux et les bronches.

Les polyéthylène glycol (PEG)

Les polyéthylène glycol (PEG-6 ; PEG-8 ; PEG-40 ; PEG-100 ; PEG-150 …) sont connus pour polluer l’environnement et pour contenir de nombreuses substances toxiques tels que les métaux lourds par exemple, qui sont connus pour être cancérigènes. Ce sont des agents tensioactifs, détergents, émulsifiants, revitalisants ou humectants pour la peau. Ils sont extrêmement polluants à produire et contaminent durablement l’environnement, ils contiennent de nombreuses impuretés toxiques (oxyde d’éthylène, 1,4-dioxane, composés aromatiques polycycliques, métaux lourds…). A ce titre, ils sont déconseillés pour des personnes ayant une peau abîmée.

Le BHA et son remplaçant le BHT

Le BHA (E320 ; Butylated hydroxyanisole ; Butylhydroxyanisole) est un antioxydant et conservateur couramment utilisé dans les aliments, les emballages alimentaires et les cosmétiques. Il est connu pour être un perturbateur endocrinien et provoque de l’eczéma lorsqu’il est associé à de la lanoline. Il est classé « cancérogène possible  » par le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC). Pourtant, ce produit est utilisé dans des produits pour bébé afin de soigner l’érythème fessier. De plus, c’est un allergène très puissant tout comme le BHT.

L’antixoxydant BHT est malheureusement soupçonné par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) d’être un perturbateur endocrinien.

 

L'Iodopropynyl butylcarbamate

C’est un conservateur très allergisant (comme tous les dérivés organiques de l’iode).

Le DEA (Cocamide DEA, Lauramide DEA)

On utilise les ingrédients reliés au DEA (diéthanolamine) pour rendre les cosmétiques crémeux ou mousseux et ajuster le pH, neutralisant l’acidité d’autres ingrédients. On les retrouve principalement dans les savons, démaquillants et shampoings. Le DEA peut également réagir avec des nitrites pour former des nitrosamines, que le Centre international de Recherche sur le Cancer décrit comme une substance cancérigène possible.

Le P-Phenylenediamine et les colorants identifiés par « CI » suivi de cinq chiffres

La p-Phenylenediamine est un allergène de contact très puissant chez l’animal, c’est aussi un allergène fréquent chez l’homme qui peut engendrer des réactions graves. On la trouve dans les teintures capillaires permanentes voire les tatouages éphémères.

Les colorants dérivés du goudron de houille (mélange de nombreux produits chimiques dérivés du pétrole, le goudron de houille est reconnu comme cancérigène pour l’humain) sont largement utilisés dans les produits de beauté, et on les reconnaît généralement par « CI » (Colour Index) suivie de cinq chiffres. Ceux qui commencent par 3 ou 4 parmi les cinq chiffres qui suivent « CI » sont à rincer obligatoirement : ils sont allergisants. Les colorants sont classés dans 4 catégories et la 3 et la 4 contiennent les colorants qui sont les plus décriés.

Les perfluorés (PFOA, PFOS)

Famille de polymères halogénés utilisés comme revêtement anti-adhérent dans les ustensiles de cuisson (poêle traitée au téflon), les textiles et les produits traités anti-tâches, les emballages et… les cosmétiques. Une étude danoise publiée en 2009 les rend responsables de la baisse du nombre de spermatozoïdes chez l’homme.

Le Methylisothiazolinone

Le Methylisothiazolinone (MIT) et le methylchloroisothiazolinone (MCIT) sont des conservateurs (biocides). Ils provoquent des réactions allergiques. Voir le paragraphe ci-dessous.

Malheureusement, cette liste n’est pas exhaustive !

Pour compléter, deux lectures intéressantes de l’UFC Que Choisir : les fiches des molécules toxiques à éviter et le Q/R sur les ingrédients indésirables dans les cosmétiques.

Définitions retenues pour :
– Cancérigène (Méthode de classification des substances cancérogènes par le Centre international de Recherche sur le Cancer)
– Perturbateur endocrinien (définition de 2002 par l’Organisation Mondiale de la Santé)
– Irritant, Allergène, etc. (définitions usuelles généralement admises)

Pour continuer,

certains ingrédients interdits se retrouvent quand-même dans beaucoup de produits de la grande distribution, comme le méthylisothiazolinone (MIT), qui est un allergène.

On le retrouve dans les gels pour l’hygiène intime, dans certains savons extra-doux ou hypoallergéniques. Au rayon shampoing, il se retrouve dans les gammes pour cheveux crépus ou frisés,

 

dans certains shampoings antipelliculaires ou pour le cuir chevelu sensible, mais aussi dans des produits pour enfants (gels douche, shampoings).

Bien que le MIT soit interdit dans les produits non rincés, il se retrouve toujours dans les produits rincés de certaines marques même si ces produits ont un temps de pose assez long (comme les masques à l’argile ou les lotions anti-poux). En effet, il est plus simple de laisser cet ingrédient que de changer la formule. On le retrouve donc encore dans certains gels coiffants, sprays solaires pour enfant, gels jambes légères…

Ce composé a été introduit dans les cosmétiques à la suite de la polémique sur les parabènes et de leur dangerosité pour la santé. Les industriels ont donc remplacé un produit dangereux par un autre produit… tout aussi dangereux !

Enfin, un autre exemple,

en ce qui concerne les baumes à lèvres, ils contiennent de l’acide salicylique et du menthol, qui risquent paradoxalement d’assécher les lèvres au lieu de les hydrater. Les marques ont donc compris qu’il fallait mettre ces deux ingrédients pour augmenter la fréquence d’utilisation.

Encore une fois, cette liste n’est pas exhaustive. Et nous ne parlerons pas non plus dans cet article de biodégradabilité.

Le plus important reste de vous forger votre propre opinion avec :

  • la traduction en anglais (ou en français) de l’ingrédient du nom INCI (nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques)
  • son rôle au sein du cosmétique
  • ses effets reconnus (ou suspectés) quant à la santé (irritant, allegène, pertubateur endocrinien, cancérogène…)
  • la règlementation

La seule chose à retenir :
Ne croyez personne sur parole, lisez les étiquettes

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